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Echelle performance energetique : comment lire et utiliser les classes pour vos équipements et locaux

Echelle performance energetique : comment lire et utiliser les classes pour vos équipements et locaux

Echelle performance energetique : comment lire et utiliser les classes pour vos équipements et locaux

Dans beaucoup d’usines, la « performance énergétique » reste un sujet de slides pour comités de direction, loin du terrain. Pourtant, entre deux compresseurs d’air, deux groupes froids ou deux bâtiments tertiaires, la classe énergétique peut représenter des dizaines de milliers d’euros sur la facture annuelle. Le problème, c’est que peu de gens lisent vraiment ces étiquettes, et encore moins savent les utiliser pour décider.

Dans cet article, on va faire ce que peu de fournisseurs prennent le temps d’expliquer : comment lire et exploiter l’échelle de performance énergétique, que ce soit pour vos équipements ou pour vos locaux, avec une grille d’analyse simple, orientée terrain.

Ce que recouvre vraiment la « performance énergétique »

Avant de parler d’étiquettes, il faut clarifier de quoi on parle. La performance énergétique, ce n’est pas seulement « consommer moins ». C’est le ratio entre :

Une classe énergétique correcte pour un bâtiment ou un équipement, ce n’est pas juste une médaille verte à afficher dans un rapport RSE. C’est :

Sur le terrain, la question à se poser est simple : « Pour le même niveau de service, combien ça coûte en énergie par an… et quelle classe j’achète ou j’occupe aujourd’hui ? ».

Bien comprendre l’échelle de performance pour l’équipement

Commençons par le plus fréquent : les étiquettes énergie que l’on retrouve sur les équipements électriques. Même si beaucoup d’exemples viennent du domestique (frigos, climatiseurs, etc.), la logique est exactement la même pour vos locaux, vos bureaux et une partie de vos équipements industriels.

Une étiquette énergétique standard en Europe repose sur :

Important : depuis la réforme européenne, on est revenu à une échelle simple A → G, en supprimant les A+, A++, A+++ qui avaient fini par tout brouiller. Résultat : des appareils qui étaient « A+++ » se retrouvent parfois en B ou C sur la nouvelle étiquette. Ce n’est pas qu’ils ont empiré, c’est que l’échelle a été resserrée.

À retenir : toujours vérifier l’année et le type d’étiquette. Comparer un « A+++ » ancien système avec un « A » nouveau système n’a pas de sens sans cette mise en perspective.

Lire une étiquette équipement : un exemple chiffré

Imaginons que vous deviez choisir des climatiseurs pour un atelier de 400 m². Deux modèles vous sont proposés :

Avec un prix moyen de l’électricité de 0,15 €/kWh (valeur indicatrice, à adapter à votre contrat), on obtient :

Différence : 300 €/an d’écart.

Sur 10 ans, sans même indexer les tarifs : 3 000 € d’économies. L’écart d’investissement initial (1 000 €) est donc amorti en un peu plus de 3 ans. Dans une industrie où on discute parfois des centimes sur le prix d’un consommable, refuser un tel calcul de bon sens sur l’énergie est un luxe qu’on ne peut plus se permettre.

La classe énergétique devient alors un critère de décision prioritaire, au même titre que la disponibilité, le délai et la fiabilité.

Locaux et bâtiments : comment lire les classes DPE

Passons maintenant aux bâtiments. En France, le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) classe les bâtiments de A à G, principalement sur la base :

Pour une entreprise, les enjeux sont multiples :

Une règle simple à intégrer dans vos projets immobiliers :

Dans les faits, beaucoup de sites industriels occupent des bâtiments C, D voire E, parfois mal isolés, avec des systèmes de chauffage anciens. La question n’est pas seulement « est-ce grave ? », mais plutôt : « combien ça me coûte chaque année et comment je progresse d’une classe ? ».

Passer d’une classe à l’autre : ce que ça implique réellement

Une amélioration de classe énergétique, pour un bâtiment comme pour un équipement, repose toujours sur les mêmes leviers :

Par exemple, pour un bâtiment tertiaire de 2 000 m² en classe E consommant 300 kWh/m²/an, passer à 220 kWh/m²/an (classe D) peut représenter :

Si votre prix moyen de l’énergie est de 0,12 €/kWh, la différence est de :

Ce n’est plus une jolie couleur sur un rapport : c’est l’équivalent du salaire chargé d’un poste de technicien. De quoi justifier assez vite une étude et un plan d’action.

Comment utiliser les classes pour arbitrer vos investissements

Sur le terrain, les arbitrages sont souvent faits ainsi : « On prend l’équipement le moins cher, de toute façon tout est en A ou B maintenant ». Mauvaise stratégie.

Une méthode pragmatique pour intégrer la performance énergétique dans vos décisions :

Check-list pratique à utiliser avant achat :

Appliquer cette check-list à chaque renouvellement de parc (éclairage, ventilation, moteurs, groupes froids) permet, en quelques années, de « remonter » la classe énergétique réelle de votre site, sans projet pharaonique.

Attention aux pièges de lecture des étiquettes

Les étiquettes énergétiques ont leurs limites, et les fournisseurs jouent parfois avec. Quelques pièges classiques :

Réflexe à adopter : ne jamais se contenter de la lettre A, B ou C. Demander « Combien de kWh par an, dans MES conditions ? » et bâtir la décision sur ce chiffre.

Utiliser la performance énergétique pour piloter vos locaux

Sur un site industriel, les locaux (bureaux, ateliers, entrepôts) représentent souvent une part non négligeable de la facture d’énergie, sans qu’on sache vraiment pourquoi. Les classes énergétiques des bâtiments et des systèmes techniques (chauffage, ventilation, clim, éclairage) deviennent alors un outil de pilotage utile.

Quelques actions concrètes :

L’intérêt de cette approche, c’est qu’elle parle aussi bien au directeur financier qu’au responsable maintenance : moins de kWh, moins de CO₂, moins de budget.

Cas particulier : moteurs électriques et équipements industriels spécifiques

Pour certains équipements industriels, l’échelle A → G n’est pas toujours utilisée. On trouve d’autres systèmes de classes, par exemple :

La logique reste identique : un moteur IE3 ou IE4 consomme nettement moins qu’un moteur IE1, surtout s’il tourne à forte durée annuelle (3 x 8, process continu).

Exemple simplifié : un moteur 15 kW fonctionnant 4 000 h/an.

Puissance absorbée :

Différence : 0,7 kW. Sur 4 000 h/an et à 0,12 €/kWh :

Sur 10 ans : 3 360 € d’économie, pour un surcoût d’achat souvent largement inférieur à ce montant. Là encore, la « classe » n’est pas un gadget, mais un critère économique majeur.

À retenir : sur les équipements très utilisés, la performance énergétique doit être un critère central du cahier des charges, pas une option.

Comment mettre tout cela en musique dans l’entreprise

Passer d’une vision théorique de la performance énergétique à une gestion structurée ne demande pas forcément une armée de consultants. Une démarche simple en 4 étapes peut déjà produire des résultats significatifs :

Si vous avez déjà une démarche ISO 50001 ou un système de management de l’énergie, ces étapes viennent simplement donner de la chair et des priorités concrètes à vos objectifs.

En synthèse opérationnelle :

En résumé, la prochaine fois qu’on vous présentera un équipement « classe A » ou un bâtiment « bien noté », gardez en tête deux questions très terre à terre :

C’est à ce moment-là que l’échelle de performance énergétique cesse d’être un simple code couleur pour devenir un véritable outil de pilotage industriel.

Michel

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