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Que veut dire saas et quels bénéfices pour les logiciels industriels et la maintenance

Que veut dire saas et quels bénéfices pour les logiciels industriels et la maintenance

Que veut dire saas et quels bénéfices pour les logiciels industriels et la maintenance

Dans la plupart des usines que je visite, on retrouve toujours la même scène : un vieux PC dans un coin du bureau méthodes, un serveur qui ronronne dans une armoire poussiéreuse, et un logiciel de GMAO ou de suivi de production qu’on n’ose plus mettre à jour de peur que « tout plante ». Pendant ce temps, les éditeurs vous parlent de « SaaS », de « cloud » et d’« abonnement mensuel » comme si c’était la solution magique à tous vos problèmes.

Alors, que veut dire réellement SaaS, et surtout : qu’est-ce que ça change pour vos logiciels industriels et votre maintenance ? C’est ce qu’on va regarder de près, côté atelier, pas côté slides marketing.

Que veut dire SaaS, concrètement ?

SaaS signifie Software as a Service, ou « logiciel en tant que service ». Traduit en langage d’usine, ça donne ceci :

Autrement dit, au lieu d’investir dans une machine (serveur + licence logicielle), vous achetez un service prêt à l’emploi : le fournisseur gère l’hébergement, la maintenance du logiciel, les mises à jour, la sécurité, les sauvegardes.

Ce modèle s’oppose au modèle « on-premise » (sur site), où :

Dit comme ça, SaaS ressemble à de la location longue durée d’une voiture par rapport à l’achat : on ne possède pas la voiture, mais on ne s’occupe plus de l’entretien, du changement de pneus, etc. Encore faut-il que la voiture roule bien et qu’elle corresponde à votre usage…

Pourquoi le SaaS intéresse autant les éditeurs… et les industriels ?

Pour les éditeurs, le SaaS est simple : revenus récurrents, meilleure maîtrise des versions, moins de support sur des installations « exotiques ». Mais du point de vue industriel, les motivations sont différentes et souvent très terre-à-terre :

C’est là que SaaS devient intéressant pour tout ce qui touche aux logiciels industriels et à la maintenance : GMAO, gestion d’outillage, suivi énergétique, parfois MES légers ou outils de planification.

Quels logiciels industriels passent (bien) en SaaS ?

Il faut être clair : tout ne se met pas en SaaS sans casse. Mais certains types de logiciels se prêtent particulièrement bien au modèle :

Pour des systèmes plus critiques temps réel (SCADA, DCS, commande machine), on reste en général sur du local ou de l’hybride, pour des raisons évidentes de latence, de disponibilité réseau et de sécurité. Mais même là, le SaaS commence à apparaître pour la supervision globale multi-sites et l’analytique.

Les bénéfices du SaaS pour la maintenance industrielle

Passons au concret : qu’est-ce que le SaaS change dans la vie d’un responsable maintenance ? On peut résumer les avantages principaux.

Moins de serveurs, plus de temps pour le terrain

Dans beaucoup d’usines, le serveur de GMAO est un vieux PC transformé en « serveur » par habitude. Sauvegardes faites à la main, parfois sur un disque externe, mises à jour repoussées, risques de plantage… Le jour où le disque dur lâche, on redécouvre la valeur des historiques de pannes.

Avec une GMAO en SaaS :

Pour un site qui n’a qu’un technicien informatique partagé avec le tertiaire, cela peut faire toute la différence.

Un accès simple pour les équipes de terrain

Un frein récurrent en maintenance, c’est la difficulté à faire saisir les informations par les techniciens :

Une GMAO SaaS bien pensée permet :

Cela ne dépend pas du modèle SaaS en soi, mais le fait que les applications soient accessibles par simple navigateur ou appli mobile accélère ce type d’usage. Et plus les techniciens documentent, plus vous avez de matière pour l’analyse de fiabilité.

Déploiement multi-sites facilité

Imaginons un groupe industriel avec :

Déployer une GMAO ou un outil de suivi d’énergie sur tous ces sites en mode on-premise, c’est : achat de serveurs locaux ou virtualisation, VPN, accès distants, configurations spécifiques, gestion des versions par site.

En SaaS, le fournisseur :

Côté mise en œuvre, on gagne souvent plusieurs mois sur un projet multi-sites, sans parler des coûts d’infrastructure évités.

Des mises à jour sans immobiliser l’usine

Vous avez déjà connu cette situation : « On ne peut pas mettre à jour la GMAO, on a peur que ça casse quelque chose, on n’a pas de bac à sable pour tester, et l’éditeur nous dit qu’on a trois versions de retard. » Résultat : les bugs restent, les failles de sécurité aussi, et les nouvelles fonctions utiles ne sont jamais utilisées.

En mode SaaS :

Attention toutefois à exiger :

Gestion budgétaire : capex vs opex

Passer au SaaS, c’est aussi un changement dans la manière de financer vos logiciels :

Pour un industriel, l’intérêt peut être :

Il faut cependant regarder le coût sur 5 à 7 ans. Un SaaS peut sembler économique au départ mais devenir plus cher qu’un on-premise si les tarifs d’abonnement augmentent ou si vous sur-dimensionnez le nombre d’utilisateurs.

À retenir : faites systématiquement un comparatif TCO (coût total de possession) sur plusieurs années, en intégrant :

Les points de vigilance du SaaS en environnement industriel

Tout n’est pas rose. En atelier, l’enthousiasme pour le « cloud » retombe vite dès qu’on touche aux réalités suivantes.

Dépendance au réseau et continuité d’activité

Un logiciel SaaS suppose un accès fiable à Internet. Or, dans certaines usines :

Pour des activités de maintenance et de pilotage non temps réel, un arrêt de quelques minutes est souvent tolérable. Mais :

… peuvent vite faire monter la tension.

À exiger auprès d’un fournisseur SaaS sérieux :

Sécurité et confidentialité des données

Autre sujet sensible : « Où sont mes données ? Qui y a accès ? Que se passe-t-il si l’éditeur disparaît ? »

Sur ce point, le SaaS impose de poser les bonnes questions :

Pour des données industrielles « classiques » (ordres de travail, historiques de panne, consommation d’énergie), le SaaS est largement maîtrisé aujourd’hui, à condition de choisir un fournisseur sérieux. Pour des données très sensibles (défense, pharma, secrets de procédés), la discussion est plus pointue : on voit alors apparaître des modèles hybrides (données critiques sur site, analytics en SaaS, cloisonnement fort des flux).

Éviter le piège du verrouillage (vendor lock-in)

Un logiciel SaaS est par nature très intégré à la plateforme de l’éditeur. Le risque, c’est de se retrouver pieds et poings liés :

Quelques garde-fous dès la négociation :

Comment aborder un projet SaaS pour la maintenance : approche terrain

Passer sa GMAO ou ses outils de suivi en SaaS ne se fait pas avec un simple changement de contrat. C’est l’occasion de revoir aussi vos processus. Une approche pragmatique, testée sur plusieurs sites :

Partir d’un atelier pilote, pas de tout le site

Au lieu de vouloir équiper d’un coup tout le parc machines, choisissez :

Objectifs du pilote :

Établir un « contrat d’usage » avec les équipes

Le SaaS ne réglera pas, par miracle, le problème des bons d’intervention griffonnés sur un carnet. Il faut définir clairement :

Un logiciel, même en SaaS, reste un outil. Sans règles d’usage claires, il se transformera en simple dépôt de données incomplètes.

Travailler la connexion avec les autres systèmes

Un des intérêts du SaaS est la facilité d’interfaçage via API. Pour la maintenance et les services techniques, on vise typiquement :

Avant de signer, imposez un atelier d’architecture système avec votre DSI et l’éditeur pour :

Et pour les logiciels industriels au sens large ?

Au-delà de la maintenance, le SaaS gagne du terrain sur d’autres briques de la chaîne de valeur industrielle :

Dans tous ces cas, les mêmes questions reviennent :

C’est souvent en commençant par un périmètre « non vital » mais très utile (GMAO, qualité, énergie) qu’on apprend à maîtriser le SaaS avant d’aller plus loin.

À retenir : SaaS n’est ni un gros mot, ni une baguette magique. C’est un modèle de consommation du logiciel qui, bien utilisé, peut réellement :

À condition de ne pas oublier les fondamentaux industriels : sécurité des données, continuité d’activité, clarté des processus et appropriation par les équipes. C’est sur ces points-là que se fait, ou se défait, la valeur réelle d’un projet SaaS dans l’usine.

Michel

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